Basilique

Tour à tour simple chapelle, église paroissiale, halle commerciale et salle des fêtes, ce noble édifice n’a été élevé au rang de basilique mineure qu’en 1913.

Lorsqu’en septembre 1514, les Hennebontais manifestent le désir de doter leur ville d’une chapelle dédiée à Notre Dame, ils sont loin de se douter de sa postérité. En ce début du XVIe siècle, il existe déjà une église à Hennebont. Dédiée à Saint Gilles, on lui adjoint le nom de Trémoëc afin de la différencier de l’église Saint-Gilles-des-Champs. Elle se situe près de la Ville-Close mais curieusement hors-les-murs.

Ce projet d’établir une chapelle et de la placer sous protection de Notre Dame illustre l’importante renommée du culte marial en Bretagne en cette fin du Moyen Âge. La paroisse de Hennebont, entité de base de la vie religieuse et aussi sociale, est sous la dépendance de l’abbesse de la puissante et voisine abbaye Notre-Dame-de-Joye. C’est donc elle qui a haute main sur ce chantier.

Cependant la conduite de ce projet souhaité par les Hennebontais est confiée à l’un des leurs dénommé François Michard. On sait peu de choses de ce personnage si ce n’est qu’il est présenté comme « fevbre », c’est-à-dire forgeron. Il a charge de recueillir les dons et offrandes et de gérer les finances pour permettre au chantier d’avancer. Ce qui ne se fait pas sans heurts, l’abbesse ayant même été soupçonnée de malversations qui causent de fortes tensions avec la communauté des Hennebontais.

Si l’on ne connait pas l’identité du maître d’œuvre qui réalise la chapelle, les recherches récentes ont montré l’influence qu’a pu avoir sur le chantier d’Hennebont un autre édifice majeur de l’architecture religieuse morbihannaise, Notre-Dame-de-Quelven en Guern, édifié à la fin du XVe siècle. Consacrée en 1524, la chapelle Notre-Dame-de-Paradis est pratiquement achevée vers 1554.

Une imposante tour-clocher

Le témoignage de l’audace architecturale qui préside à la construction de Notre-Dame-de-Paradis, est sans conteste l’imposante tour-clocher. Haute de près de 65 mètres, sa situation sur un des points hauts de la Ville en fait un véritable amer terrestre. D’ailleurs, lorsque l’on venait en pèlerinage de l’Ouest, le premier point qui permettait de l’apercevoir a été baptisé à cause de cela « Montagne du Salut ». Dès qu’ils la voyaient pour la première fois, les pèlerins se voyaient déjà sauvés.

A l’image de sa « grande sœur », Notre-Dame-de-Quelven, la tour se divise en trois parties. La base qui s’ouvre par un vaste porche dont l’élévation est rendue encore plus vertigineuse par le décor sculpté qui l’orne. Les contreforts massifs sont allégés par la présence de niches – qui ont peut-être accueilli des statues – et de petites sculptures végétales ; au niveau de la première galerie. A partir de la première balustrade, voici le tambour qui est renferme la chambre du sonneur, unique pièce de l’édifice dotée d’une cheminée, et du beffroi avec les cloches. Et enfin, toute de dentelle, la flèche elle-même qui connaitra de nombreuses reprises et restaurations. Accolées à la tour-clocher, les deux tourelles d’escaliers – dont l’un n’existe plus – permettent l’accès aux parties hautes et d’alléger encore visuellement la masse du clocher. La couleur particulière du granit tiré des anciennes carrières de Locoyarne donne au clocher une belle teinte blonde surtout dans les lumières de fin de journée.

La lumière, au cœur de la conception

Parmi les caractéristiques architecturales de Notre-Dame-de-Paradis, on remarqua aussitôt que l’on a pénétré en ses murs le vaste vaisseau formé par la nef obscure et les bas-côtés percés de larges baies pour faire entrer la lumière. Cette nef assez sombre permet de mettre en valeur la partie la plus importante d’un édifice religieux : le chœur. Ce chœur polygonal reçoit des flots de lumière par les cinq verrières qui s’ouvrent dans ses parois. Ces vitraux sont si vastes que les murs qui les encadrent semblent, dans la lumière, quasi inexistants. Aujourd’hui masquée par l’orgue, une verrière s’ouvre au-dessus des portes ouest ; manière d’ajouter de la lumière au bas de la nef. Cette disposition est héritée directement de la cathédrale de Vannes qui l’utilise vers 1490. Cette importance accordée à la lumière est une des caractéristiques de l’architecture gothique.

Le style architectural de cette chapelle bientôt devenue église a étendu sa renommée tout au long de la Vallée du Blavet influençant la construction de clochers comme ceux de Locmaria en Merlrand (1530), Saint-Yves en Bubry (1550) et jusqu’à Saint-Nicodème en Pluméliau.

Après la ruine de Saint-Gilles-Trémoëc, sanctuaire originel, qui se situait auprès de la Ville-Close mais hors de ses murs, Notre-Dame-de-Paradis devient vers 1570-1590, l’église paroissiale de la cité d’Hennebont. Peu à peu un nouveau quartier va apparaître sous son ombre comme en témoigne les bâtiments encore visibles sur la place.

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