Situé sur la commune d’Inzinzac-Lochrist, connu sous le nom de Forges d’Hennebont, cet établissement industriel est en activité de 1860 à 1966. A leur création les Forges emploient déjà 175 ouvriers, au sein d’une population essentiellement rurale et artisanale, pour atteindre environ 2 500 ouvriers en 1936. La croissance des villes d’Inzinzac-Lochrist et d’Hennebont est étroitement liée à la prospérité de l’entreprise, principal employeur du secteur.
En 1963, on parle dans la presse spécialisée de la « deuxième usine en importance des 5 départements bretons […] les Forges d’Hennebont emploient 1 200 salariés et font vivre près de 10 000 personnes« .
En difficulté depuis la Libération, l’entreprise doit faire face à la baisse de la demande en fer blanc, la concurrence d’autres sites de production en France et à l’étranger et à l’augmentation des coûts de matériaux. Malgré un plan de modernisation dans les années 1950 ainsi que des nombreuses mobilisations portées par les ouvriers, les élus locaux et la population, pour le maintien des activités, la fermeture du site est prononcée le 18 mai 1966.
Jean Chenu, photographe autodidacte (1921-1990)
Né à Kerglaw à Inzinzac-Lochrist, lieu précisément de l’implantation depuis 1860 de l’usine métallurgique. Les ancêtres de Jean Chenu, et les parents de son épouse, y ont travaillé sur plusieurs générations. Électricien de formation puis commerçant à Hennebont de son magasin d’électro-ménager, ce photographe autodidacte a su fixer les petits et grands évènements du quotidien.
La série des manifestations des Forges, dont certains tirages sont présentés dans cette exposition, illustrent les luttes ouvrières qui ont secoué le territoire entre 1963 et 1966. « Face à l’annonce de la fermeture d’une industrie locale qui plonge la vie de Lochrist dans le désarroi et l’amertume, il [Jean Chenu] est doublement présent : solidaire de ses camarades ouvriers et investi d’une volonté de témoignage de leurs luttes pour la défense de leurs droits, de leur dignité. Comme il a photographié les bons moments de la vile collective, il saisit à ce moment-là, la colère et la combativité de la population ».
En accès libre, aux heures d’ouverture du centre socioculturel:
> du lundi au vendredi: 8h30/12h – 13h30/17h30
> le samedi: 10h/12h – 14h/17h
Centre socioculturel Jean Ferrat, Rue Gabriel Péri, Hennebont, France